Devenir analyste
L'analyse didactique ?

L'analyse didactique ? Que doit-on savoir pour devenir analyste ? Les candidats suivirent, dès les débuts de la psychanalyse, une psychanalyse dite didactique, jugée plus ou moins nécessaire pour eux-mêmes ; le psychanalyste didacticien leur enseignait la psychanalyse. Lacan démontre que seules les conditions exigibles pour qu'il y ait de la psychanalyse se transmettent ; la psychanalyse, non : elle se réinvente à chaque cas. Découvrant qu'il est une objection au savoir, l'analyste apprend de sa cure que le savoir de la psychanalyse ne contient pas les réponses espérées. Cette découverte est la condition pour qu'il crée la solution lui permettant un " vivre ensemble " et qu'il réinvente la psychanalyse avec ses propres analysants. Pour la première clinique, l'enseignant, c'est le patient !

Si l'analyste choisit cette voie parce qu'il ne sait pas quoi faire de sa vie après une longue analyse* ou " par identification au psychanalyste ", il n'est pas sûr que la psychanalyse opère : elle suppose une autre condition, essentielle. En effet, la psychanalyse se fonde sur la découverte qu'il n'y a pas d'Autre* tout sachant. Elle l'a démontré concrètement dans la cure de l'analysant qui a découvert qu'il est lui-même une objection à l'Autre et que même la psychanalyse ne peut le réduire à un savoir. Que faire de la découverte de ce " bout de jouissance* " qui échappe à tout savoir, y compris à celui de la psychanalyse ? Le sujet* peut décider de s'en servir pour jouir sur le dos des autres* (perversion*, canaillerie) ou se replier sur sa jouissance (tentation du solipsisme). Il peut aussi, soulagé par
Le désir de l'analyste
Le dispositif de la passe
Le moment où l'analysant s'autorise de lui-même à prendre cette position est appelé par Lacan passe*. Pour saisir comment des sujets traversent ce moment où, littéralement, ils " passent au psychanalyste ", Lacan a inventé un dispositif leur permettant de s'expliquer sur la façon dont leur est venu le désir de l'analyste. Concrètement, le candidat " passant " s'explique devant deux analysants dans la même situation, les passeurs. Les passeurs portent le témoignage du passant devant un cartel* d'analystes qui s'efforce d'enregistrer la nouveauté du cas et de vérifier deux points : qu'il y a bien eu psychanalyse dans la cure du passant et que c'est bien l'avènement du désir de l'analyste qui a conduit le passant à passer à l'analyste.
Témoigner de sa singularité*
Le cartel convaincu nomme le passeur analyste de l'école (AE). Pendant trois ans, à partir de sa propre expérience, l'AE enseigne sur les problèmes cruciaux de la psychanalyse. Cette expérience permet ainsi de relire et sa cure et les textes fondateurs de la psychanalyse (Freud et Lacan). Un AE notera : " Je ne le dirais pas exactement comme Freud, comme Lacan ou comme tel collègue ", un autre s'expliquera ce que Lacan a écrit dans un énoncé d'apparence hermétique . . .
La théorie analytique ne se renouvelle qu'à partir de l'experience de la cure, qui dégage parfois le " désir de l'analyste" susceptible de permettre à l'analysant de passer à l'analyste.
Pour soutenir sa position et le désir de l'analyste, le nouveau praticien choisit de parler des cures qu'il dirige à un autre psychanalyste.
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En fin de cure, un analysant* peut manifester le désir* de devenir analyste à son tour...
Christine est une fillette de 8 ans conduite à l'analyse pour son inhibition scolaire et sa solitude. Après plusieurs mois d'analyse, elle découvre, étonnée, qu'elle est la confidente de ses camarades de classe : on aime lui parler parce qu'elle sait écouter !
Renversement de situation :
Le contrôle :
cette découverte, consentir à s'en servir dans la cure de quelqu'un d'autre, pour le conduire au même soulagement. Ce consentement que Lacan qualifie de " désir de l'analyste " ne se confond donc pas avec l'envie de devenir analyste : il s'observe aussi chez des personnes à la vie professionnelle satisfaisante ou trop âgées pour songer à s'installer comme analystes .